Une nouvelle étude de la VUB met en lumière les expériences de mobilité de la communauté queer à Bruxelles
BRUXELLES – Le groupe de recherche Mobilise de l’Université libre de Bruxelles (VUB) vient de mener à bien une étude qualitative sur les déplacements quotidiens en ville et les choix de transport de la communauté queer. Menée par Charlotte van Vessem et Juliana Betancur Arenas, en collaboration avec le Brussels Centre for Urban Studies, RainbowHouse Bruxelles et Les Grand Carmes, cette étude offre un aperçu de l’impact de l’identité sur les comportements de déplacement au sein de la capitale.
Alors que les études existantes sur la mobilité liées au genre se concentrent principalement sur les relations traditionnelles entre hommes et femmes et sur les structures familiales hétéronormatives, ce travail comble une lacune cruciale dans la littérature scientifique consacrée au genre et à la mobilité quotidienne. D’autre part, elle complète la littérature existante (limitée) sur les expériences queer dans l’espace public, qui se concentre sur les expériences négatives, en recensant explicitement les expériences positives, neutres et négatives.
Des mécanismes d’adaptation mûrement réfléchis influencent la manière dont les habitants se déplacent dans le paysage urbain. Un résultat frappant est la différence dans le choix du mode de transport entre les personnes queer s’identifiant comme des hommes et celles s’identifiant comme des femmes :
- Les hommes queer estiment que les adaptations vestimentaires et stylistiques ont une influence directe sur leur sentiment de sécurité dans la rue. Le vélo et la marche sont considérés par une partie des personnes interrogées comme un choix délibéré en faveur de la durabilité, d’un certain statut et comme un moyen de découvrir de nouveaux quartiers.
- Pour les personnes perçues comme des femmes, le harcèlement de rue et le sexisme jouent de toute façon un rôle prépondérant. La marche est souvent considérée par les personnes interrogées comme un dernier recours. Le vélo constitue le principal moyen de se déplacer rapidement, de manière autonome et indépendante, sans être coincé dans des véhicules ou à des arrêts. La peur joue donc un rôle plus important dans leur choix de mode de transport
Les résultats soulignent la nécessité d’une meilleure infrastructure urbaine, notamment des transports nocturnes fiables et sûrs ainsi que le maintien des vélos en libre-service. Par ailleurs, les chercheurs plaident en faveur d’une plus grande sensibilisation et d’une attention politique accrue à la manière dont l’espace public est partagé, notamment par le biais de campagnes ciblées menées par des sociétés de transport telles que la STIB.
Plus d’infos: Queer Mobilities and Spatial Practices in Brussels | Brussels Centre for Urban Studies
Référence:
Charlotte van Vessem, Juliana Betancur Arenas, Sara Tori, Imre Keseru, « It’s not the place, it’s the crowd » : une étude exploratoire sur les mobilités queer et les pratiques spatiales à Bruxelles, en Belgique. Journal of Urban Mobility, 10, 2026, 100261, https://doi.org/10.1016/j.urbmob.2026.100261.
Contact:
charlotte.van.vessem@vub.be (numéro de portable sur demande)
Koen Stein
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