Le budget carbone pour limiter le réchauffement à 1,5 °C pourrait être épuisé d’ici trois ans, alertent des scientifiques

Il ne resterait que trois ans avant que le budget carbone compatible avec une limitation du réchauffement climatique à 1,5 °C ne soit épuisé

Selon le rapport Indicators of Global Climate Change (IGCC) publié aujourd’hui dans Earth System Science Data, au rythme actuel des émissions de CO₂, le budget restant—130 milliards de tonnes—se réduit rapidement.

Dr Chris Smith, scientifique principal à la Vrije Universiteit Brussel et second auteur de l’étude, souligne les tendances critiques :

« L’année 2024 a poursuivi la tendance à la hausse des concentrations de gaz à effet de serre—le principal moteur du réchauffement climatique. Même si la pollution de l’air issue des combustibles fossiles diminue, les feux de forêt massifs compensent en partie l’effet de refroidissement lié à la baisse des aérosols. »

Réalisée par une équipe de 61 scientifiques issus de 54 institutions, dont des contributeurs du GIEC, l’étude constitue l’évaluation la plus récente et la plus complète de l’état du système climatique. Le rapport de cette année inclut 10 indicateurs clés, comme la montée du niveau de la mer ou les précipitations sur les terres émergées.

 

Principales conclusions :

• En 2024, la température moyenne à la surface du globe était supérieure de 1,52 °C par rapport à l’ère préindustrielle, dont 1,36 °C imputable aux activités humaines.

• Le réchauffement causé par l’humain progresse à un rythme de 0,27 °C par décennie ; la décennie 2015–2024 a été 0,31 °C plus chaude que la précédente.

• Le budget carbone pour 1,6 °C ou 1,7 °C pourrait être épuisé dans moins de neuf ans.

• Les océans, qui absorbent plus de 90 % de l’excès de chaleur, ont atteint des températures record en 2024, entraînant une élévation du niveau de la mer, des événements météorologiques extrêmes et des perturbations des écosystèmes marins.

• Le niveau moyen mondial de la mer a augmenté de 26 mm entre 2019 et 2024, soit plus du double de la moyenne à long terme.

 

Sans des réductions rapides et profondes des émissions, les impacts continueront de s’aggraver. Le professeur Piers Forster (Université de Leeds), auteur principal du rapport, insiste sur le fait que le rythme de l’action climatique reste dangereusement en retard sur la science : « Les températures ont augmenté chaque année depuis le dernier rapport du GIEC en 2021. »

Le rapport souligne que les effets du changement climatique—des vagues de chaleur à la montée des eaux en passant par l’effondrement des écosystèmes—sont entièrement causés par les activités humaines, notamment la combustion d’énergies fossiles et la déforestation.

Dr Smith ajoute : « La baisse des polluants atmosphériques pourrait améliorer la santé publique, mais leur diminution signifie aussi moins d’effet refroidissant. Cela souligne l’importance de réduire également le méthane et d’autres polluants climatiques à courte durée de vie pour limiter le réchauffement à court terme. »

Les résultats rappellent l’urgence de respecter les objectifs de l’Accord de Paris. La neutralité carbone—ainsi qu’une baisse de toutes les émissions de gaz à effet de serre—est essentielle pour stabiliser les températures et éviter des impacts de plus en plus graves.

« Alors que l’UE envisage d’assouplir son objectif de réduction des émissions pour 2040, notre rapport montre que le rythme du changement climatique ne faiblit pas. Ce n’est pas le moment de reculer : l’Europe doit montrer la voie vers la décarbonation », conclut Dr Smith.

 

Référence :

Forster, P. M., Smith, C., Walsh, T., et al. 2025: Indicators of Global Climate Change 2024: annual update of key indicators of the state of the climate system and human influence, Earth Syst. Sci. Data, 17, 2641–2680, https://doi.org/10.5194/essd-17-2641-2025


Contact:

Chris Smith: chris.smith@vub.be | cjsmith.be | +32 492 88 62 89

Koen Stein

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