Augmentation du risque d'avalanches de glace en raison du changement climatique

Une étude menée avec des chercheurs de la VUB montre que la préparation peut sauver des vies

 

Une nouvelle étude internationale publiée dans Nature Communications Earth & Environment, dirigée par Rayees Ahmed (Indian Institute of Science), montre que la nature catastrophique des grandes avalanches de glace et de rochers dépend non seulement de l'ampleur du risque, mais aussi, et surtout, de la préparation et des politiques.

L'étude compare deux événements récents : la catastrophe de Chamoli en 2021 dans l'Himalaya indien, qui a tué plus de 200 personnes, et l'avalanche de glace et de rochers de 2025 à Blatten, en Suisse, qui a enseveli la majeure partie du village mais n'a fait qu'une seule victime. Malgré des caractéristiques physiques similaires, les conséquences ont été radicalement différentes. En Suisse, une activité inhabituelle sur les pentes a été observée et surveillée de près dans les jours précédant l'effondrement. Les autorités ont déployé des radars et d'autres capteurs, confirmé l'accélération du mouvement de la pente et évacué environ 300 résidents avant que l'avalanche ne se déclenche. En revanche, l'avalanche de Chamoli s'est produite dans une vallée reculée de l'Himalaya, sans surveillance opérationnelle ni système d'alerte coordonné. Les observations par satellite ont montré rétrospectivement qu'il y avait des signes d'instabilité des mois avant l'effondrement, mais les signaux n'ont pas été remarqués ou surveillés à temps.

L'étude montre que le changement climatique accroît l'instabilité des pentes de haute montagne en raison du recul des glaciers, du dégel du pergélisol et de l'intensification des précipitations extrêmes. Ces phénomènes peuvent rendre plus fréquents les dangers qui se succèdent.

"Des événements comme celui de Chamoli montrent à quel point les avalanches de glace et de rochers peuvent être dévastatrices lorsque les systèmes d'alerte font défaut", explique le Dr Lander Van Tricht (Vrije Universiteit Brussel / ETH Zurich), coauteur de l'étude. "Mais le cas de Blatten montre également que même de très grands dangers ne doivent pas nécessairement se transformer en catastrophes avec des pertes massives."

"Le réchauffement climatique déstabilise les glaciers et les pentes abruptes des montagnes dans le monde entier", ajoute M. Van Tricht. Des catastrophes récentes, comme l'effondrement du glacier Marmolada dans les Alpes italiennes en 2022, qui a fait 11 morts, illustrent la façon dont les environnements montagneux en évolution rapide peuvent provoquer des risques cryosphériques soudains et mortels. "Nous ne pouvons pas empêcher les risques de se produire, mais nous pouvons réduire considérablement leur impact en surveillant les pentes instables, en réagissant aux signaux d'alerte précoce et en veillant à ce que les communautés sachent comment agir".

Les chercheurs estiment que les pays de l'Himalaya peuvent réduire considérablement les risques en adoptant des éléments de l'approche suisse de gestion intégrée des risques. Il s'agit notamment de combiner la surveillance par satellite avec des capteurs terrestres ciblés, d'établir des seuils d'alerte clairs, d'améliorer les réseaux de communication et de renforcer la préparation des communautés locales.

"En fin de compte, la différence entre la catastrophe et la survie ne réside pas seulement dans le risque naturel lui-même", explique M. Van Tricht. "Il s'agit de savoir si les sociétés sont préparées lorsque les signes d'alerte apparaissent.

Référence:

https://www.nature.com/articles/s43247-026-03352-y


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Koen Stein

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