Le rythme des rapports sexuels chez les bonobos donne des nouvelles perspectives sur l'évolution de la communication

Le rythme des rapports sexuels chez les bonobos donne des nouvelles perspectives sur l'évolution de la communication

Bruxelles, 17/2/2026 - Une équipe de recherche internationale, avec la collaboration de Yannick Jadoul, data scientist à la VUB, a jeté un nouvel éclairage sur le rythme du comportement sexuel chez les bonobos. En analysant de près le tempo des mouvements pendant les rapports sexuels, les chercheurs cherchent à mieux comprendre quels sont les éléments constitutifs du rythme et de la communication que l'on retrouve également chez d'autres espèces animales - et ce que cela pourrait signifier pour l'évolution de caractéristiques typiquement humaines telles que la parole et la musique.

L'étude a été menée par Martina Francesconi et Elisabetta Palagi de l'université de Pise[YJ1], en collaboration avec des chercheurs belges et italiens, entre autres. L'étude s'est basée sur des enregistrements vidéo détaillés de bonobos dans des zoos, qui ont été analysés étape par étape. L'accent a été mis sur le rythme des mouvements répétés pendant l'acte sexuel et sur le rôle des expressions faciales, telles que le "rictus".

Le concept de "mimétisme facial rapide" s'est avéré essentiel : les bonobos imitent souvent l'expression de l'autre de manière quasi directe. Cependant, cet effet n'est suffisamment puissant pour être observé que lorsque l'imitation est instantanée. Le fait que cette réponse soit aussi rapide et synchronisée soulève la question fondamentale de savoir s'il s'agit d'une communication consciente ou d'un réflexe involontaire", explique Martina Fransesconi, de l'université de Pise.

L'analyse montre que le rythme des mouvements est en moyenne très élevé, environ sept mouvements par seconde. Il est intéressant de noter que ce rythme n'augmente pas nécessairement lorsque l'un des animaux commence à sourire ou lorsque ce sourire est imité par son partenaire. Ce que les chercheurs ont constaté, c'est que le rythme ​ diminue nettementpeu après l'arrêt de l'imitation faciale rapide.

"Cela suggère que ces expressions faciales ne jouent probablement pas un rôle dans la coordination ou l'accélération du comportement", explique Yannick Jadoul de la VUB. "Mais la chute brutale du rythme qui suit pourrait être liée à des processus physiologiques, tels que l'orgasme. Nous ne pouvons pas l'affirmer avec certitude sur la base de données d'observation, mais le modèle est frappant".

"Notre étude s'inscrit dans un champ de recherche plus large qui vise à examiner comment le rythme, le tempo et la vocalisation ont évolué chez les humains et les animaux. Les bonobos, tout comme les chimpanzés, sont nos plus proches parents vivants et, contrairement aux chimpanzés, ils vivent dans une société matriarcale où le sexe joue un rôle social important[YJ2] . En comparant leur comportement à celui des humains et d'autres espèces animales, les scientifiques espèrent mieux comprendre quels sont les éléments de la communication qui sont uniquement humains, et quels sont les éléments constitutifs qui sont beaucoup plus anciens dans l'évolution". conclut le professeur Palagi de l'université de Pise.

Dans le cadre de ce projet, Yannick Jadoul a apporté son expertise principalement dans l'analyse des données et la quantification du rythme. "Il ne s'agit pas d'une étude sur l'intelligence artificielle au sens de grands modèles de langage ou de réseaux neuronaux", souligne-t-il. "Il s'agit plutôt d'une analyse approfondie des données et d'une reconnaissance des formes. Mais c'est précisément ce type de méthodes qui est essentiel pour mesurer objectivement des comportements complexes."

La recherche s'inscrit dans une longue tradition de recherche à la VUB sur le langage, la communication et les systèmes d'apprentissage. En comparant systématiquement le rythme et le tempo d'une espèce à l'autre, les chercheurs cherchent à comprendre, étape par étape, comment sont apparus les traits que nous considérons comme "typiquement humains", tels que la musique, la parole et la communication sociale.

 

Référence :

Martina Francesconi, Alice Galotti, Yannick Jadoul, Federico Giovannini, Andrea Ravignani, Elisabetta Palagi 2026 SEX in bonobos : The intensity of sexual stimulation sharply drops after facial mimicry Evolution and Human Behavior, Volume 47, Issue 1. https://doi.org/10.1016/j.evolhumbehav.2025.106786


Contact :

Yannick Jadoul : +32 474 85 37 83

Koen Stein
Koen Stein Perscontact wetenschap & onderzoek

 

 

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