La solitude des personnes âgées en tant que stéréotype

La solitude des personnes âgées en tant que stéréotype

Recherche de la VUB sur la solitude dans une perspective de parcours de vie

Ces dernières années, la solitude à un âge avancé a fait, à bon droit, l'objet d'une grande attention. Des études internationales récentes montrent que 25 à 62 % des personnes âgées éprouvent un sentiment de solitude occasionnel. Cependant, la solitude n'apparaît pas soudainement à la vieillesse. Les recherches doctorales de Lise Switsers en sciences agogiques à la Vrije Universiteit Brussel montrent clairement qu'il est important de considérer la solitude dans une perspective de parcours de vie :

«  L'un des nombreux stéréotypes veut que seules les personnes âgées soient esseulées. Au contraire, on peut être confronté au sentiment de solitude plus tôt dans la vie, même pendant l'enfance et l'adolescence. Heureusement, pour la plupart des gens, cette situation est temporaire. Pour certains, cependant, la solitude peut devenir chronique et permanente tout au long de la vie. »

Les résultats de l'étude montrent que l'on peut faire quelque chose contre la solitude, même à un âge avancé, et que ces sentiments peuvent être temporaires, même chez les personnes âgées.

Lise Switsers : « La solitude ne peut être réduite à une question individuelle ; le rôle de l'environnement et des facteurs sociaux et structurels ne peut être ignoré. »

La solitude a de nombreuses facettes

La recherche montre en outre que la solitude est un concept aux multiples niveaux et significations. D'après les résultats de l'expérience sur la solitude menée par la BBC auprès de 5 263 Britanniques de plus de 60 ans souffrant d'un (léger) sentiment de solitude, 4 % d'entre eux indiquent qu'ils ressentent toujours la solitude comme quelque chose de positif, et 39 % parfois.

Lise Switsers : « Pour de nombreux travailleurs sociaux et chercheurs, la solitude n'a qu'un caractère négatif, elle n'a que des effets néfastes sur la santé, le bien-être mental, etc. et doit certainement être traitée. Mais pour les philosophes, par exemple, d'un point de vue existentiel, la solitude peut aussi être positive. Et les personnes âgées ont également indiqué que la solitude peut constituer une force d'action, peut fournir une inspiration créative, ou créer des opportunités de développement personnel. »

Avec sa thèse de doctorat, Lise Switsers ouvre le débat pour ne pas considérer la solitude comme quelque chose de purement négatif :

« Les résultats de nos recherches plaident en faveur d'une prévention et d'une attention à la solitude tout au long de la vie. Pour la détection précoce et la prévention, l'attention portée uniquement à un âge plus avancé s'avère insuffisante. En outre, en tant que scientifiques, nous devons être critiques vis-à-vis de cette représentation et de cette opérationnalisation établies et négatives de la solitude. L'exploration de la possibilité de vivre la solitude et ses conséquences comme positives peut créer de nouvelles perspectives importantes pour le développement d'interventions et d'initiatives visant à réduire les expériences négatives de la solitude. Des recherches supplémentaires semblent nécessaires. »

La recherche

Lise Switsers a étudié la solitude des personnes âgées à la fois sur le plan quantitatif, en utilisant les données du projet de recherche D-SCOPE, et sur le plan qualitatif, en se basant sur des entretiens. Elle a recueilli 20 récits de vie de personnes âgées se sentant seules en Flandre. Ces  récits se concentrent sur les événements négatifs et positifs qui ont influencé et influencent encore le sentiment de solitude actuel. Enfin, elle a eu l'occasion d'analyser les données de la BBC Loneliness Experiment, une enquête mondiale en ligne à grande échelle sur le sentiment de solitude. Cette enquête a également demandé aux personnes interrogées ayant un (léger) sentiment de solitude s’il arrivait qu’elles vivent la solitude comme quelque chose de positif.

Cette recherche doctorale est le fruit d'une collaboration avec divers professionnels, des collectivités locales, des personnes âgées souffrant de solitude et des chercheurs internationaux, sous la direction des professeurs Liesbeth De Donder, Sarah Dury et Eva Dierckx, rattachés à la faculté de psychologie et des sciences de l'éducation. Cette recherche a été financée par le FWO (Fonds Wetenschappelijk Onderzoek Vlaanderen).

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Lise Switsers

Lise.switsers@vub.be

0479 561 239

 

Liesbeth De Donder - Promotor

Liesbeth.de.donder@vub.be

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