Des incendies de forêt d'une ampleur sans précédent sont attendus en Espagne et au Portugal durant l'été 2025, provoqués par des conditions météorologiques extrêmes et une végétation hautement inflammable.

Une nouvelle étude souligne l'urgence d'une action climatique et d'une gestion proactive des terres.

En 2025, le nord-ouest de l'Espagne et le Portugal ont représenté à eux seuls plus de la moitié de la superficie brûlée en Europe. Cela démontre que, dans certaines régions d'Europe, les impacts du changement climatique se font déjà ressentir, affectant les populations, leur droit à une vie saine et à un environnement préservé. Une nouvelle étude, menée par une équipe internationale de scientifiques, co-écrite par la climatologue Rosa Pietroiusti du Water and Climate Department de la Vrije Universiteit Brussel, examine les causes de ces incendies d'une intensité exceptionnelle.

« Nous considérons que la combinaison de conditions météorologiques extrêmes et d'une végétation hautement inflammable est la principale cause de la superficie record brûlée lors des incendies de forêt qui ont ravagé le nord-ouest de l'Espagne et le Portugal en août dernier. Cette région, qui représente à peine 2 % du territoire européen, a concentré plus de 50 % de la superficie totale brûlée en Europe jusqu'à fin août (environ 541 000 hectares sur un million) », explique Rosa Pietroiusti.

L'étude examine à la fois les aspects climatiques et les caractéristiques de la végétation de la région incendiée. Elle souligne que ces incendies n'étaient pas un événement isolé, mais qu'ils ont coïncidé avec une vague de chaleur intense qui a duré 16 jours dans le sud-ouest de l'Europe, favorisant l'apparition de conditions météorologiques extrêmes propices à la propagation des incendies. Cela s'est traduit par une hausse de l'indice de risque d'incendie (un indicateur qui combine température, humidité, vent et précipitations), qui a atteint en août 2025 sa valeur mensuelle la plus extrême dans le nord-ouest de la péninsule Ibérique, depuis le début des relevés continus en 1985.

Image satellite de la fumée provenant des incendies de forêt dans la péninsule Ibérique le 17 août 2025. Image via Copernicus Sentinel / ESA.

« Il est également important de comprendre que les conditions météorologiques extrêmes ne suffisent pas à expliquer l'ampleur des incendies. La gestion des terres est aussi un facteur clé et doit être prise en compte pour l'avenir, notamment dans le contexte du changement climatique, avec des conditions plus chaudes et plus sèches prévues sur le pourtour méditerranéen », ajoute Rosa Pietroiusti. Les incendies de 2025 ont particulièrement touché les zones de maquis, qui ont brûlé dans une proportion bien plus importante que prévu. Cette combustion disproportionnée suggère qu'une augmentation de la superficie continue couverte par ce type de végétation, résultant de décennies de dégradation forestière, d'abandon des terres et de lutte efficace contre les incendies dans la région, a accru l'accumulation de ce combustible et, par conséquent, le risque d'incendies de cette ampleur.

Pour éviter que des étés comme celui de 2025 ne deviennent la norme, les chercheurs insistent sur la nécessité d'une action coordonnée prenant en compte les trois dimensions du risque : l'aléa, l'exposition et la vulnérabilité. La réduction des émissions de gaz à effet de serre constitue un levier essentiel pour limiter la fréquence des épisodes de chaleur et de sécheresse extrêmes, propices à des incendies aussi catastrophiques. Les chercheurs soulignent également qu'il est indispensable de passer d'une stratégie principalement réactive à des stratégies proactives de prévention et de gestion des terres qui intègrent la résilience aux incendies dans les zones à risque comme un enjeu de sécurité nationale.


Référence : Sánchez-Hernández, G., M. Turco, I. Repeto-Deudero, et al. 2025. « Record-Breaking 2025 European Wildfires Concentrated in Northwest Iberia.» Global Change Biology 31, no. 12 : e70649. https://doi.org/10.1111/gcb.70649.


Contact:

Chercheuse VUB - Rosa Pietroiusti - bclimate, Water and Climate Department, Vrije Universiteit Brussel, rosa.pietroiusti@vub.be, 0496836663

Responsable valorisation - Marie Cavitte - bclimate, Water and Climate Department, Vrije Universiteit Brussel, marie.cavitte@vub.be, 0470192415.

Koen Stein

Koen Stein

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