Les enfants bruxellois ont le moins accès aux espaces verts autour des écoles, selon une nouvelle étude de la VUB
Les enfants qui grandissent à Bruxelles n'ont pas un accès égal aux environnements verts et naturels à l'école, et ces inégalités sont plus fortes que dans les villes européennes comparables.
Bruxelles, février 2026 - C'est l'une des principales conclusions de la thèse de doctorat d'Elsa Gallez du groupe de recherche Cartographie et SIG de la Vrije Universiteit Brussel (VUB).
La recherche évalue l'accès et l'utilisation par les enfants des espaces verts dans et autour des écoles primaires, pendant et après les heures de classe. Bruxelles a été comparée à Barcelone, Rotterdam et Paris dans le cadre du projet international COOLSCHOOLS.
À l'aide de données spatiales sur la couverture végétale et les caractéristiques socio-économiques des écoles et des quartiers, M. Gallez montre que les enfants issus de familles plus aisées fréquentent des écoles dont l'environnement est plus vert, plus sain et plus résistant au changement climatique, tant dans les cours de récréation que dans les espaces environnants. Si des inégalités existent dans les quatre villes, c'est à Bruxelles que les disparités socio-économiques sont les plus marquées. "Dans le contexte européen, c'est particulièrement frappant", déclare M. Gallez. "La structure spatiale de Bruxelles, avec un noyau urbain dense et défavorisé, joue un rôle important.
L'étude se penche également sur la manière dont les espaces verts sont réellement utilisés. Des enquêtes menées auprès de 418 parents et de 72 enseignants et chefs d'établissement, combinées à des entretiens approfondis, révèlent des schémas plus complexes. Contrairement aux idées reçues, les enfants issus de familles à faibles revenus utilisent les espaces verts après l'école plus fréquemment que les enfants issus de familles à revenus plus élevés, malgré un accès plus limité. Des facteurs tels que les contraintes de temps, les activités de loisirs organisées et la distance entre le domicile et l'école semblent jouer un rôle.
Des différences apparaissent également entre les types d'écoles. Bien que les écoles à charte du réseau gratuit subventionné reçoivent généralement environ la moitié du financement public des écoles publiques, elles ont tendance à organiser une gamme plus diversifiée d'activités de plein air basées sur la nature. Ces activités ont lieu plus régulièrement et sont de durée variable, allant de courtes sorties à des activités d'une journée ou de plusieurs jours. Selon M. Gallez, cela peut être lié à une contribution financière plus élevée des parents, à des contraintes administratives moindres et à un meilleur accès aux espaces verts publics dans les environs immédiats de l'école. En même temps, les écoles à charte ont souvent des cours de récréation plus petites, avec moins de végétation et moins d'éléments naturels.
Pendant les heures de classe, l'apprentissage en plein air est souvent limité par le manque de temps, des budgets restreints, un soutien à long terme insuffisant de la part des organisations environnementales et une formation limitée des enseignants en matière d'éducation en plein air.
Le contact avec la nature favorise la santé physique et mentale, la concentration, la mémoire et l'activité physique des enfants, tout en réduisant les problèmes de comportement. Les environnements scolaires verts contribuent également à la résilience climatique et à la biodiversité. Toutefois, les espaces verts publics situés à proximité des écoles dans les quartiers à faibles revenus sont souvent mal entretenus ou difficiles à utiliser avec de jeunes enfants.
M. Gallez appelle à une intégration plus étroite des politiques d'écologisation urbaine et d'éducation, notamment en donnant la priorité à l'écologisation des cours d'école dans les zones défavorisées, en améliorant les espaces verts publics à proximité, en renforçant l'apprentissage en plein air dans la formation des enseignants, en soutenant les écoles avec des ressources humaines supplémentaires et en investissant de manière structurelle dans les organisations de protection de l'environnement. "Pour améliorer réellement le bien-être des enfants, conclut-elle, les politiques doivent aller au-delà de l'égalité formelle et œuvrer activement en faveur de l'équité.
Plus d'infos:
https://coolschools.eu/the-project/
https://www.bubble.brussels/ecole-clair-vivre-omega-alpha-2/
Références :
Gallez, E., Canters, F., Gadeyne, S., & Baro, F. (2024). A multi-indicator distributive justice approach to assess school-related green infrastructure benefits in Brussels. Ecosystem Services, 70, 101677. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2212041624000846
Gallez, E., Mujica, C. P. F., Gadeyne, S., Canters, F., & Baró, F. (2024). Nature-based school environments for all children? comparing exposure to school-related green and blue infrastructure in four European cities. Ecological Indicators, 166, 112374. https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1470160X24008318
Contact : Elsa.Gallez@vub.be