Accélération de la fonte des glaciers mondiaux : une nouvelle étude projette une perte de masse significative d’ici 2100

(EMBARGO JUSQU'AU 15 NOVEMBRE, 10:00 CEST)


Les glaciers du monde entier rétrécissent à un rythme alarmant, avec des implications majeures pour la montée du niveau de la mer, la disponibilité en eau, la biodiversité et la stabilité des écosystèmes naturels. Une nouvelle étude, dirigée par Harry Zekollari du département d’Eau et Climat de la Vrije Universiteit Brussel (recherche partiellement menée lors d’un post-doctorat au Laboratoire d'Hydraulique, d'Hydrologie et de Glaciologie de l'ETH Zurich), fournit les projections les plus complètes et détaillées sur l’évolution des glaciers mondiaux selon les derniers scénarios climatiques. Cette recherche, publiée dans The Cryosphere, projette l'évolution future de chaque glacier de la planète, à l'exception des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique, soit un total de plus de 200 000 glaciers.


« En modélisant l’évolution de tous ces glaciers au cours du 21ème siècle selon divers scénarios climatiques, nous avons révélé des différences marquées de résultats selon les niveaux futurs d’émissions. Dans le scénario le plus optimiste et faible en émissions, les glaciers devraient perdre environ 25-29 % de leur masse d'ici 2100. En revanche, dans un scénario à fortes émissions, ce chiffre augmente considérablement, avec une perte projetée de 46 à 54 % de la masse glaciaire mondiale », explique Zekollari.


Les impacts ne sont pas uniformément répartis : certaines régions font face à des pertes bien plus sévères. Par exemple, les glaciers des Alpes européennes figurent parmi les plus vulnérables, avec une perte de volume estimée à plus de 75 %, et beaucoup risquent de disparaître complètement dans des scénarios à fortes émissions. À l’inverse, les glaciers des régions polaires, comme le Canada arctique, l’Islande et le Svalbard, devraient conserver une part plus importante de leur masse d’ici la fin du siècle, bien qu’ils subiront eux aussi des pertes considérables.


« Notre étude représente une avancée par rapport aux évaluations précédentes, en montrant des pertes projetées légèrement plus élevées que celles incluses dans les récents rapports du GIEC. Ces nouvelles projections reposent sur des modèles avancés calibrés à l'aide d’observations spécifiques à chaque glacier, plutôt que sur des données agrégées par région. Cette approche affinée permet d'obtenir une image plus claire de l’évolution probable de chaque glacier, offrant des projections plus précises pour les ressources en eau locales, les risques naturels et les systèmes hydroélectriques alimentés par les glaciers », conclut Zekollari.

À l’avenir, les avancées dans le suivi satellitaire et les applications de l’apprentissage automatique dans la modélisation des glaciers devraient améliorer la précision des projections. Ces outils offriront de nouvelles données précieuses pour enrichir la compréhension de la communauté scientifique sur la réponse des glaciers au changement climatique et pour mieux préparer les régions concernées.




Vue sur le glacier d'Aletsch (Suisse), le plus grand glacier des Alpes européennes. Ce glacier mesure environ 20 km de long et possède une épaisseur de glace pouvant atteindre 800 m. La nouvelle étude prévoit que ce glacier disparaîtra en grande partie au cours du 21ᵉ siècle. © Harry Zekollari

Référence:

Zekollari, H., Huss, M., Schuster, L., Maussion, F., Rounce, D. R., Aguayo, R., Champollion, N., Compagno, L., Hugonnet, R., Marzeion, B., Mojtabavi, S., et Farinotti, D. : Twenty-first century global glacier evolution under CMIP6 scenarios and the role of glacier-specific observations, The Cryosphere 2024, 18, 5045–5066, https://doi.org/10.5194/tc-18-5045-2024.


Contact:

Harry Zekollari, harry.zekollari@vub.be, +3226293021

Koen Stein

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